Une « guêpe orange » ou « rouge », ce n'est pas une espèce

Quand on cherche « guêpe orange » ou « guêpe rouge », on décrit une couleur, pas une espèce. Or plusieurs insectes très différents portent de l'orange ou du rouge, et tous n'ont ni le même mode de vie ni le même danger. Bonne nouvelle : quelques critères — taille, silhouette, présence d'ailes et comportement — suffisent presque toujours à trancher.

Identifier : quelle guêpe orange ou rouge avez-vous vue ?

Repérez la ligne qui correspond le mieux à votre observation :

Ce que vous voyezEspèce probableDanger
Orange et noir, fine et élancée, longues pattes qui pendent en vol Poliste (guêpe à papier, sociale) Faible
Grosse, noir et orange, velue, vol lourd au ras du sol, semble creuser Scolie (solitaire) Faible
Petite, rouge cuivré métallique brillant, sur un mur ensoleillé Guêpe coucou / chryside (solitaire) Quasi nul
Rouge et noire, velue, sans ailes, marche au sol Fourmi de velours / mutille (solitaire) Faible (piqûre douloureuse si saisie)
Roux/orange élancé, longues antennes, parfois long « fil » à l'arrière Ichneumon (guêpe parasitoïde) Nul (ne pique pas l'humain)
Pattes ou tête rouges sur un corps sombre, motif jaune Poliste ou guêpe sociale sombre Faible à modéré

Dans la plupart des cas, une guêpe orange et noire fine est un poliste, et une guêpe rouge est l'un des petits insectes solitaires ci-dessous. Pour le panorama de toutes les espèces, voir types de guêpes.

Orange et noir : poliste ou scolie

L'orange domine chez deux insectes que tout sépare par la taille :

  • Le poliste (guêpe à papier) : silhouette fine et élancée, marquée d'orange et de noir, antennes souvent oranges, et surtout de longues pattes jaunes qui pendent pendant le vol. Guêpe sociale mais peu agressive, à petite colonie. Tout est détaillé sur guêpe poliste.
  • La scolie : une grosse guêpe noir et orange, velue, au vol lourd et bas, qu'on voit souvent fouiller le sol ou le compost. C'est l'un des plus grands hyménoptères de France, solitaire et sans danger réel. Parmi les gros insectes sombres, elle est traitée avec le xylocope et le bourdon sur frelon noir : les espèces confondues.

Guêpe rouge : coucou, fourmi de velours ou ichneumon

Il n'existe pas de « guêpe rouge » sociale comme la guêpe commune. Le rouge se rencontre chez des insectes solitaires, souvent spectaculaires mais inoffensifs :

  • La guêpe coucou (chryside) : petite, au corps métallique vert-bleu et à l'abdomen rouge cuivré brillant. C'est une guêpe parasite qui pond dans les nids d'autres hyménoptères ; elle est totalement inoffensive pour l'homme et se chauffe volontiers sur les murs.
  • La fourmi de velours (mutille) : rouge et noire, couverte de poils ras ; la femelle est sans ailes et se déplace au sol, ce qui la fait passer pour une grosse fourmi. Elle peut infliger une piqûre douloureuse si on la saisit, mais reste solitaire et n'attaque pas.
  • L'ichneumon : guêpe parasitoïde élancée, souvent rousse à orangée, aux longues antennes et parfois un long appendice à l'arrière (l'oviscapte, pour pondre dans des larves). Impressionnant, mais il ne pique pas l'humain.
Une guêpe à reflets bleus plutôt que rouges ? Un insecte sombre aux reflets bleu-métallique relève d'une autre famille : voir guêpe bleue.

Une guêpe orange ou rouge est-elle dangereuse ?

Le danger dépend du mode de vie, et il est faible dans la quasi-totalité des cas :

  • Espèces solitaires (scolie, guêpe coucou, mutille, ichneumon) : pas de colonie à défendre, donc très peu agressives. Elles ignorent l'humain tant qu'on ne les manipule pas.
  • Le poliste, seul à vivre en (petite) colonie, peut défendre son nid de papier de tout près, mais il est nettement moins agressif que la guêpe commune.
Le vrai risque : l'allergie Quelle que soit l'espèce et sa couleur, une piqûre peut déclencher une réaction grave chez une personne allergique. Gonflement qui s'étend, gêne respiratoire, vertiges, malaise : appelez le 15. Pour les gestes et la durée du gonflement, voir piqûre de guêpe : que faire.

« Plaque rouge » après une piqûre : à ne pas confondre

Beaucoup tapent « guêpe rouge » en pensant à la plaque rouge apparue après une piqûre. Les deux n'ont aucun rapport : cette rougeur chaude et gonflée est une réaction cutanée normale au venin, indépendante de la couleur de l'insecte. Elle régresse en général en quelques jours. Pour calmer la réaction et savoir quand s'inquiéter, voir soulager une piqûre de guêpe et le gonflement après piqûre.

Faut-il s'en débarrasser ?

Le plus souvent, non : ces insectes orange ou rouges sont presque tous solitaires, utiles (pollinisation, régulation d'autres insectes) et sans danger. On les laisse vaquer. Une intervention ne se justifie que pour une guêpe sociale (poliste ou guêpe commune) dont le nid de papier se trouve dans une zone de passage ou près d'une personne allergique — voir alors nid de guêpes : que faire. Pour simplement les éloigner d'une terrasse, voir comment éloigner les guêpes.