Le bourdon terrestre en un coup d'œil
C'est un butineur robuste, capable de sortir par temps frais, pluvieux ou venteux, et de polliniser dès les premières floraisons quand l'abeille domestique est encore peu active. Cette vaillance en fait un allié majeur des jardins et des cultures.
Les espèces de bourdons les plus communes en France
Le « bourdon » n'est pas une seule espèce : la France en compte plusieurs dizaines, toutes du genre Bombus. Voici les plus fréquentes dans les jardins et comment les distinguer :
| Espèce | Nom scientifique | Repère visuel |
|---|---|---|
| Bourdon terrestre | Bombus terrestris | Noir, 2 bandes jaunes, extrémité blanche |
| Bourdon des pierres | Bombus lapidarius | Tout noir, extrémité de l'abdomen rouge-orangé |
| Bourdon des champs | Bombus pascuorum | Roux à brun, aspect fauve |
| Bourdon des prés | Bombus pratorum | Petit, bandes jaunes et arrière orangé |
| Bourdon des arbres | Bombus hypnorum | Thorax roux, abdomen noir, bout blanc |
| Bourdon des jardins | Bombus hortorum | Bandes jaunes, langue très longue |
Reine, ouvrières et mâles : la colonie
Le bourdon terrestre est un insecte social. Une colonie comprend trois castes :
- La reine : seule fondatrice. Fécondée à l'automne précédent, elle hiverne isolément, puis fonde une nouvelle colonie au printemps. C'est le plus gros individu.
- Les ouvrières : des femelles stériles qui butinent, nourrissent le couvain et entretiennent le nid. Leur taille varie beaucoup.
- Les mâles : produits en fin de saison, uniquement pour la reproduction. Ils n'ont pas de dard et ne piquent pas.
Reconnaître mâle et femelle est donc surtout une question de rôle et de période : seules les femelles (reine et ouvrières) peuvent piquer. À ne pas confondre avec le faux-bourdon, qui est le mâle de l'abeille domestique — un tout autre insecte.
Un cycle de vie d'une seule saison
La colonie de bourdons est annuelle. Au printemps, la reine sortie d'hivernage cherche une cavité — souvent un ancien terrier — pour fonder son nid sous terre. La colonie grandit, atteint son apogée en été, puis produit de jeunes reines et des mâles. À l'automne, les mâles et les ouvrières meurent ; seules les jeunes reines fécondées survivent et hivernent pour recommencer l'année suivante, ailleurs. Le nid n'est jamais réutilisé. Pour savoir quoi faire face à un nid, voyez notre guide nid de bourdon : que faire.
Que mange le bourdon terrestre ?
Comme toutes les abeilles, le bourdon se nourrit exclusivement de nectar (source d'énergie) et de pollen (source de protéines pour le couvain), qu'il récolte de fleur en fleur. Il stocke de petites réserves dans le nid mais ne produit pas de miel comme l'abeille domestique. En butinant, il assure une pollinisation essentielle, notamment de cultures comme la tomate, grâce à sa technique de « pollinisation par vibration ».
Le bourdon terrestre est-il dangereux ?
Non. C'est un insecte très pacifique : il n'attaque pas et ne pique qu'en dernier recours, s'il est saisi ou si son nid est directement agressé. Les personnes allergiques au venin d'hyménoptères doivent rester prudentes, comme avec toute abeille ou guêpe. Pour le détail des symptômes et des gestes, voyez notre page sur la piqûre de bourdon.
Pollinisateur précieux et en déclin comme beaucoup d'abeilles sauvages, le bourdon terrestre mérite d'être laissé tranquille : le reconnaître, c'est déjà éviter de le confondre avec un nuisible.