Souris — santé

Souris et santé : quels dangers et maladies réels ?

Une souris dans la maison inquiète, à juste titre — mais entre le risque réel et les idées reçues, il y a un monde. Voici, sources officielles à l'appui, ce qu'une souris peut vraiment transmettre, comment on se contamine, et quand s'inquiéter.

Risque surtout indirect : urine, crottes, aliments Morsure très rare Sources : Santé publique France, Anses

En bref

Une souris est rarement dangereuse par contact direct : elle fuit l'humain et mord très exceptionnellement. Le risque est surtout indirect : elle contamine aliments et surfaces via son urine et ses crottes, pouvant transmettre une salmonellose (contamination alimentaire) ou une leptospirose. Certaines maladies graves comme l'hantavirus existent mais restent rares en France. À cela s'ajoute un risque matériel réel : les câbles rongés peuvent provoquer un court-circuit. Le bon réflexe est de traiter la présence sans traîner et de nettoyer les déjections en sécurité.

Les souris sont-elles vraiment dangereuses ? La juste mesure

Commençons par éviter deux erreurs opposées. Non, une souris n'est pas un animal agressif qui met la maisonnée en danger de mort — mais non plus, sa présence n'est pas anodine. La souris domestique (Mus musculus) ne cherche pas le contact et ne pique ni ne mord dans la quasi-totalité des cas. Le danger tient à ce qu'elle laisse derrière elle : urine, crottes, poils et traces sur les plans de travail, les aliments et les ustensiles. C'est cette contamination de l'environnement, plus que l'animal lui-même, qui justifie d'agir.

Les maladies transmises par les souris

Les rongeurs peuvent être porteurs d'agents pathogènes qu'ils dispersent par leurs déjections. Voici les principales maladies concernées, avec leur niveau de réalité en France.

MaladieAgent / transmissionSituation en France
LeptospiroseBactérie Leptospira, via l'urine (contact avec une plaie ou une muqueuse)De l'ordre de 600 cas/an en métropole (Santé publique France) ; plus liée aux rats
SalmonelloseBactérie Salmonella, contamination des aliments et surfacesFréquente ; l'une des principales causes de toxi-infections alimentaires (Anses)
HantavirusVirus, inhalation de poussières d'urine/crottes sèchesRare, surveillé par Santé publique France ; en France surtout via le campagnol roussâtre, forme rénale
Chorioméningite (LCMV)Virus dont la souris domestique est le réservoirRare
Allergies / asthmeProtéines de l'urine et des poils (allergènes)Facteur reconnu d'aggravation de l'asthme en environnement infesté

Repères indicatifs d'après les données publiques de Santé publique France et de l'Anses. Ils ne remplacent pas un avis médical.

Hantavirus : remettre les choses à leur place. On lit souvent que l'hantavirus est une maladie « mortelle » transmise par les souris. La forme pulmonaire grave (syndrome pulmonaire à hantavirus) concerne surtout le continent américain. En France, les cas d'hantavirose, rares, sont principalement dus au virus Puumala véhiculé par le campagnol roussâtre, et prennent une forme rénale. Le risque existe donc, mais il est faible et bien différent de l'image dramatique qui circule.

Comment on se contamine : urine, crottes, aliments

La contamination passe rarement par l'animal lui-même, presque toujours par ses déjections. Trois voies principales :

  • Les aliments et surfaces souillés : une souris grignote, urine et défèque en se déplaçant ; consommer un aliment contaminé est la voie la plus courante (salmonellose).
  • Le contact cutané avec l'urine : par une coupure ou une muqueuse, notamment pour la leptospirose.
  • L'inhalation de poussières : quand on balaie ou aspire des crottes sèches, les particules se remettent en suspension. C'est pourquoi on ne nettoie jamais à sec — on humidifie d'abord, on porte un masque, on ramasse avec un essuie-tout.

Morsure de souris : que faire ?

Une morsure de souris est rare — l'animal fuit le contact. Si elle survient (en manipulant une souris piégée vivante, par exemple), elle reste bénigne dans la grande majorité des cas, mais mérite les bons gestes.

Les réflexes après une morsure :
  • Laver la plaie à l'eau et au savon, puis désinfecter.
  • Surveiller les jours suivants l'apparition de fièvre, de rougeur ou de gonflement.
  • Vérifier le statut vaccinal antitétanique.
  • En cas de fièvre, de plaie qui s'infecte ou de doute, consulter un médecin en précisant la morsure.

Le risque qu'on oublie : dégâts et incendie

Au-delà de la santé, les souris causent des dégâts matériels souvent sous-estimés. En rongeant en permanence pour user leurs incisives, elles s'attaquent aux gaines des câbles électriques, aux isolants et aux canalisations. Un câble dénudé dans une cloison peut provoquer un court-circuit, voire un départ de feu : c'est l'un des risques les plus concrets d'une infestation prolongée, et une raison de plus de ne pas laisser la situation s'installer.

Réduire le risque : la bonne conduite

Face à une souris, la réponse sanitaire tient en deux temps : supprimer la présence et nettoyer sans se contaminer. Concrètement : traiter les souris selon la méthode complète (couper la nourriture, boucher les accès, piéger), puis nettoyer les déjections en respectant le protocole sécurisé. En cas d'infestation importante, notamment dans un logement avec personnes vulnérables ou un local alimentaire, l'intervention d'un professionnel certifié Certibiocide est la voie la plus sûre.

Rappel important

Cette page a une visée d'information générale. Elle ne remplace pas un avis médical : en cas de symptôme (fièvre, troubles digestifs, plaie infectée) après une exposition à des souris ou à leurs déjections, consultez un médecin en mentionnant l'exposition.

Questions fréquentes

Est-ce grave d'avoir une souris dans la maison ?
Une souris n'est pas dangereuse en elle-même — elle ne cherche pas le contact et mord très rarement. Le risque est indirect : elle contamine les aliments et les surfaces par son urine et ses crottes, et peut transmettre des agents pathogènes. Ce n'est donc pas une urgence sanitaire, mais une situation à traiter sans traîner, surtout dans une cuisine ou avec des enfants en bas âge.
Comment savoir si on a été contaminé par une souris ?
Il n'y a pas d'auto-diagnostic fiable. Les infections liées aux rongeurs (leptospirose, salmonellose) se manifestent généralement par de la fièvre, des douleurs musculaires ou des troubles digestifs, dans les jours qui suivent une exposition. En cas de tels symptômes après un contact avec des souris, leurs déjections ou une morsure, consultez un médecin en précisant l'exposition — lui seul peut poser un diagnostic.
Une souris peut-elle mordre pendant le sommeil ?
C'est très rare. La souris fuit l'humain et ne monte sur un lit que si son nid est tout proche et qu'elle cherche chaleur ou nourriture. Une morsure de souris reste exceptionnelle. Si elle survient, on nettoie et désinfecte la plaie, et on surveille l'apparition de fièvre : en cas de doute, un avis médical s'impose.
Le risque est-il plus élevé pour les femmes enceintes et les enfants ?
Par prudence, oui. Les femmes enceintes et les jeunes enfants sont plus vulnérables aux infections, et il leur est recommandé d'éviter tout contact direct avec les souris et leurs déjections, ainsi que le nettoyage des zones souillées — à déléguer. En cas d'exposition ou de symptôme, un avis médical est recommandé.

Réduire le risque, c'est traiter la source.

Moins il y a de souris et de déjections, moins il y a de risque. En cas d'infestation étendue ou de local sensible, un avis sur place aide à agir vite et proprement.

Limiter le risque en éliminant les souris :

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Rédigé par Mounir Boualem Fondateur de Zeronuisibles · technicien-applicateur 3D (dératisation, désinsectisation, désinfection) · expérience de terrain depuis 2014. Mis à jour le 2 août 2026
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