L'essentiel

Au jardin, on traite les cicadelles seulement si les dégâts sont réels. Les gestes efficaces et sans produit chimique : le jet d'eau sur le revers des feuilles (qui déloge les larves et la mousse du « crachat de coucou »), la pulvérisation d'eau savonneuse au savon noir, et les plaques jaunes engluées pour les adultes. En prévention, des plantes répulsives (lavande, géranium) et les auxiliaires (oiseaux, araignées, coccinelles). Comme la cicadelle saute et vole, on vise surtout les larves, moins mobiles, plutôt que les adultes.

D'abord : faut-il vraiment traiter ?

C'est la première décision, et souvent la plus utile. Sur un rosier, une lavande ou un massif, les cicadelles provoquent surtout de fines décolorations et quelques feuilles piquetées : des dégâts esthétiques, que la plante encaisse sans souffrir. Dans ce cas, la meilleure « lutte » est de ne rien faire et de laisser les prédateurs naturels s'en charger. On n'intervient que si une plante fragile décroche visiblement, ou si les populations explosent.

Le calendrier de la vigne ne vous concerne pas Vous avez peut-être lu des dates de traitement précises (fin mai, mi-juin, mi-juillet) : elles relèvent de la lutte obligatoire contre la flavescence dorée en zone viticole, encadrée par les services de l'État (DRAAF). Pour un jardin d'agrément, aucun calendrier réglementaire ne s'applique : on agit selon les dégâts observés, pas selon une date imposée.

Les méthodes, de la plus douce à la plus forte

Si l'intervention se justifie, mieux vaut commencer par le plus simple. Voici les gestes classés, avec ce qu'ils valent réellement au jardin.

MéthodeCe que ça vautComment
Jet d'eau sur le reversSimple et efficaceDéloge larves et « crachats de coucou » ; à répéter, en visant le dessous des feuilles
Savon noir en pulvérisationBon sur les larvesEau savonneuse appliquée sous le feuillage, le soir ; agit par contact, n'atteint pas les adultes
Plaques jaunes engluéesUtile + surveillanceCapturent les adultes volants et indiquent le niveau de population
Plantes répulsives (lavande, géranium)PréventifÀ installer à proximité ; dissuadent sans régler une infestation en cours
Auxiliaires (oiseaux, araignées, coccinelles)La régulation de fondUn jardin vivant les entretient ; ils limitent durablement les cicadelles
Pyrèthre ou huile de neemDernier recours bioInsecticides d'origine végétale, en cas de forte attaque seulement ; nuisent aussi aux auxiliaires
Insecticide chimique de synthèseÀ éviterInutile pour un dégât esthétique, néfaste pour la faune du jardin

Un principe traverse toutes ces méthodes : la cicadelle adulte saute et vole, donc elle échappe facilement aux pulvérisations. C'est en visant les larves, plus lentes et fixées au revers des feuilles, que l'on obtient le meilleur résultat.

Selon la plante : rosier, lavande, rhododendron

Les mêmes gestes s'adaptent à chaque culture. Sur le rosier, la cicadelle verte décolore les feuilles par de petits points blancs : un jet d'eau et du savon noir sur le revers suffisent le plus souvent. Sur la lavande, la surveillance est utile car certaines cicadelles y sont plus présentes ; on privilégie là aussi le lavage et les auxiliaires. Sur le rhododendron, la cicadelle laisse des piqûres sur le feuillage : une taille des parties atteintes et un jet d'eau régulier limitent les populations, sans traitement lourd.

Et les insecticides ?

C'est presque toujours superflu au jardin d'agrément. Un insecticide chimique de synthèse est inutile pour un dégât cosmétique et détruit les auxiliaires qui, eux, régulent gratuitement les cicadelles. Les insecticides d'origine végétale (pyrèthre, neem) existent en jardinage biologique, mais restent un dernier recours réservé aux fortes attaques. En cas de doute sur un produit, seul un conseil en jardinerie sur un produit homologué en France est fiable ; aucun dosage n'est donné ici.

Pour bien viser vos efforts, mieux vaut être sûr de l'insecte et de son espèce : la page qui explique comment reconnaître la cicadelle et ses différentes formes aide à s'y retrouver, et si vous vous demandez si elle est réellement risquée, la page sur le danger et la piqûre de la cicadelle répond. Ces insectes s'inscrivent dans le même écosystème que les pucerons, où les coccinelles et autres auxiliaires font le travail. En cas de colonisation qui gêne durablement un jardin en région lyonnaise, un avis sur place aide à juger de l'utilité d'une intervention.

Questions fréquentes

Le calendrier de traitement de la vigne (mai à juillet) vaut-il pour mon jardin ?
Non, et c'est une confusion fréquente. Les dates de traitement que l'on trouve — un premier passage fin mai, un deuxième mi-juin, un troisième mi-juillet — relèvent de la lutte obligatoire contre la cicadelle de la flavescence dorée, réservée aux zones viticoles et encadrée par la DRAAF. Pour un rosier, une lavande ou un potager, aucun calendrier réglementaire ne s'applique : on agit seulement si les dégâts sont réels, et au moment où l'on voit des larves, pas à une date imposée.
Les cicadelles reviennent chaque été malgré le traitement, est-ce normal ?
Oui. La cicadelle vole et saute : même après un traitement réussi sur une plante, de nouveaux adultes venus du voisinage la recolonisent facilement à la belle saison. Un traitement n'immunise pas la plante pour l'année ; il fait baisser une population à un instant donné. C'est pourquoi la prévention — plantes répulsives, auxiliaires, surveillance du revers des feuilles — compte souvent plus que la répétition des pulvérisations.
Un traitement contre les pucerons marche-t-il aussi contre les cicadelles ?
En partie, oui, car les deux sont des cousins piqueurs-suceurs. Une pulvérisation d'eau savonneuse au savon noir, classiquement utilisée contre les pucerons, agit aussi par contact sur les jeunes larves de cicadelles présentes au revers des feuilles. En revanche elle n'atteint pas les adultes, plus mobiles. Le savon noir est donc un bon appoint commun aux deux, à condition de bien viser le dessous du feuillage.
Des cicadelles entrent dans la maison : faut-il traiter l'intérieur ?
Non. Les cicadelles qui pénètrent dans un logement y sont entrées par hasard, attirées par la lumière, et n'ont aucun intérêt à s'y installer : elles ne se nourrissent que de sève végétale, ne se reproduisent pas à l'intérieur et ne piquent pas. Aucun traitement intérieur n'est justifié. Il suffit de les faire ressortir ; le sujet se règle au jardin, sur les plantes, pas dans la maison.

La panoplie contre la cicadelle :

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