En bref

Le pire ennemi du puceron, ce sont ses prédateurs naturels : la coccinelle et surtout sa larve, la larve de syrphe, la chrysope et les micro-guêpes parasitoïdes. Une coccinelle adulte consomme environ 100 pucerons par jour ; sa larve, encore davantage. La larve de coccinelle ressemble à un petit crocodile gris-noir taché d'orange — c'est elle qu'il ne faut surtout pas écraser. Acheter des coccinelles adultes déçoit souvent (elles s'envolent) : mieux vaut héberger les auxiliaires du jardin et éviter les traitements qui les déciment.

Qui dévore les pucerons : le cortège des auxiliaires

Un foyer de pucerons attire vite une petite armée de prédateurs. Les connaître, c'est comprendre pourquoi une colonie finit souvent par s'effondrer d'elle-même si on la laisse faire.

AuxiliaireCe qu'il fait aux pucerons
Coccinelle (adulte)En croque une centaine par jour ; pond ses œufs au cœur des colonies
Larve de coccinelleLa plus vorace : dévore les pucerons sans relâche pendant sa croissance
Larve de syrphePetite « chenille » translucide qui aspire les pucerons un à un, très efficace
Chrysope (larve)Surnommée « lion des pucerons » : mâchoires en pince, appétit redoutable
Micro-guêpes parasitoïdesPondent dans le puceron, qui se transforme en « momie » beige bombée

Ce dernier cas mérite un mot : quand vous voyez, au milieu d'une colonie, des pucerons gonflés, beiges et immobiles, ce sont des momies — des pucerons parasités de l'intérieur par une minuscule guêpe (du genre Aphidius). Loin d'être un mauvais signe, c'est la preuve que la régulation naturelle est à l'œuvre.

Reconnaître la larve de coccinelle (et ne pas l'écraser)

C'est le malentendu le plus coûteux du jardin. Beaucoup cherchent à identifier une drôle de bestiole aperçue sur une plante infestée, la prennent pour un nuisible… et écrasent en réalité leur meilleur allié. La larve de coccinelle ne ressemble pas du tout à l'adulte : elle a l'allure d'un petit crocodile allongé, de couleur gris-bleu à noir, marqué de taches orange ou jaunes, et se déplace activement sur les feuilles à la recherche de pucerons.

Larve d'alliée, pas de ravageur Si vous trouvez cette petite « chenille » écailleuse au milieu des pucerons, laissez-la faire : c'est le stade le plus glouton de la coccinelle. Elle passe ensuite par une pupe accrochée à une feuille avant de devenir la coccinelle adulte que tout le monde connaît. L'écraser, c'est supprimer le prédateur le plus efficace de tout le jardin.

C'est aussi ce qui explique un fait souvent mal compris : au moment où l'on remarque le plus de larves, c'est justement que la lutte est en train de se gagner. Laisser les premières colonies de pucerons quelques jours, plutôt que de tout traiter aussitôt, c'est offrir à ces prédateurs de quoi s'installer et se reproduire.

Acheter des coccinelles : est-ce que ça marche vraiment ?

On trouve des coccinelles à lâcher, sous forme d'œufs, de larves ou d'adultes. La réalité est nuancée. Les adultes lâchés s'envolent très souvent dans les jours qui suivent : rien ne les retient sur votre rosier plutôt que chez le voisin. Les larves, elles, ne volent pas encore et restent là où on les dépose, sur la colonie — c'est la forme la plus logique si l'on veut un effet localisé, en serre ou sur une plante précise.

Coccinelle indigène, pas coccinelle asiatique Si vous introduisez des coccinelles, privilégiez une espèce indigène comme la coccinelle à deux points (Adalia bipunctata). La coccinelle asiatique (Harmonia axyridis), autrefois vendue pour la lutte biologique, est aujourd'hui considérée comme envahissante et concurrence les espèces locales : on évite de la relâcher.

Au fond, acheter des coccinelles reste un coup de pouce ponctuel, pas une baguette magique. La démarche la plus fiable et la plus durable consiste à faire venir et rester les auxiliaires déjà présents autour de chez vous.

Comment héberger les auxiliaires du jardin

Attirer et garder les prédateurs des pucerons tient à quelques principes simples, qui reviennent tous à rendre le jardin accueillant :

  • Ne pas traiter à l'aveugle : les insecticides, même naturels comme le savon noir pulvérisé sur une coccinelle, tuent aussi les auxiliaires. On cible les colonies, comme expliqué dans le guide du traitement naturel.
  • Tolérer les premiers pucerons : sans proies, pas de prédateurs. Un jardin trop « propre » n'héberge personne.
  • Offrir le gîte : feuilles mortes, tas de bois, haies, hôtels à insectes servent d'abris d'hiver aux coccinelles adultes.
  • Fleurir : les adultes de syrphes et de chrysopes se nourrissent de nectar et de pollen ; les plantes qui les attirent sont détaillées avec les plantes utiles contre les pucerons.

Une dernière honnêteté, enfin : les auxiliaires ne « nettoient » jamais à 100 %. Ils régulent, ils ne stérilisent pas — quelques pucerons subsistent toujours, et c'est justement ce qui nourrit la génération suivante de prédateurs. Pour l'insecte lui-même et pourquoi il pullule si vite, le guide du puceron complète le tableau. En cas d'infestation qui déborde malgré tout, en région lyonnaise, un avis sur place aide à faire le point.

Le prédateur naturel du puceron, à lâcher sur les plantes atteintes :

Coccinelles anti-puceron (biocontrôle)Coccinelles anti-puceron (biocontrôle)Auxiliaires vivantsVoir le produit →

Questions fréquentes

Les coccinelles sont-elles dangereuses pour l'homme ?
Non. Les coccinelles ne piquent pas et ne transmettent aucune maladie. Tout au plus la coccinelle asiatique peut-elle, en automne, chercher à hiverner en groupe dans les maisons et laisser une petite trace jaune (une sécrétion de défense) si on la manipule — sans danger. Au jardin, ce sont des alliées à protéger, pas une nuisance.
Que mangent les coccinelles en dehors des pucerons ?
Beaucoup d'autres ravageurs à corps mou. Selon les espèces, les coccinelles consomment aussi des cochenilles, des aleurodes (mouches blanches) et des acariens comme les araignées rouges. Quelques espèces sont même spécialisées, comme la coccinelle qui s'attaque aux cochenilles farineuses. C'est ce régime large qui en fait un auxiliaire précieux, bien au-delà du seul puceron.
Les coccinelles reviennent-elles chaque année au jardin ?
Oui, si le jardin les accueille. Les coccinelles adultes passent l'hiver cachées sous les écorces, dans les feuilles mortes, les tas de bois ou les hôtels à insectes, puis ressortent au printemps pour pondre près des premières colonies de pucerons. Un jardin qui ne traite pas à outrance et garde quelques abris voit ses coccinelles revenir d'une année sur l'autre.
Les fourmis empêchent-elles les coccinelles d'agir ?
Elles peuvent gêner. Les fourmis élèvent et protègent les pucerons pour récolter leur miellat sucré ; elles chassent activement les coccinelles et leurs larves des colonies qu'elles gardent. Là où les fourmis sont très présentes, la régulation naturelle est freinée. Rompre cette association fait l'objet de la page consacrée aux pucerons et aux fourmis.