Chenille processionnaire du pin : l'espèce, les arbres touchés et le danger
En bref
Thaumetopoea pityocampa, la plus répandue en France
Tous les pins, parfois les cèdres
Brun-gris, 3–4 cm, en procession, urticante
Nid en bout de branche, descente au sol au printemps
Classée nuisible à la santé humaine (décret du 25 avril 2022) : ses poils sont urticants.
La chenille processionnaire du pin est la plus connue des chenilles processionnaires de France. C'est elle qui tisse les boules de soie blanche dans les pins et descend au sol en longues files au printemps. Voici à quoi elle ressemble, quels arbres elle attaque, et surtout comment la distinguer de sa cousine, la processionnaire du chêne.
Qu'est-ce que la chenille processionnaire du pin ?
C'est la larve d'un papillon de nuit, Thaumetopoea pityocampa (famille des Notodontidae). La chenille est brun-gris, le dos plus foncé et rougeâtre, les flancs tachetés ; elle est entièrement couverte de poils urticants et atteint 3 à 4 cm au dernier stade. Elle vit en colonie et se déplace en file indienne — la fameuse « procession » qui lui donne son nom. Pour comprendre sa métamorphose, voir notre page sur le papillon et le cycle de vie.
Quels arbres elle attaque
Comme son nom l'indique, elle s'attaque aux pins — toutes les espèces présentes en France :
- Pin noir d'Autriche, pin sylvestre, pin maritime, pin laricio
- Pin d'Alep, pin Weymouth, pin mugo, pin de l'Himalaya
- Parfois aussi les cèdres (de l'Atlas, du Liban)
En dévorant les aiguilles, elle provoque une défoliation : l'arbre s'éclaircit, jaunit, s'affaiblit et ralentit sa croissance. Elle ne tue généralement pas le pin directement, mais le fragilise durablement, surtout si plusieurs nids l'occupent.
Processionnaire du pin ou du chêne ?
Il existe deux espèces principales en France, toutes deux urticantes. Voici comment les distinguer.
| Critère | Processionnaire du pin | Processionnaire du chêne |
|---|---|---|
| Espèce | Thaumetopoea pityocampa | Thaumetopoea processionea |
| Arbres | Pins, parfois cèdres | Chênes |
| Nid | Poche de soie en bout de branche, en hauteur | Plaques de soie sur le tronc et les grosses branches |
| Procession | Descend au sol pour s'enfouir | Sur le tronc, reste dans l'arbre |
| Période d'activité | Surtout au printemps (fév.–mai) | Plutôt fin de printemps et été |
| Répartition | Surtout sud, remonte vers le nord | Presque partout, y compris en ville |
| Danger | Urticante | Urticante aussi |
Dans les deux cas, le réflexe est le même : ne pas toucher, ne pas écraser, et faire appel à un professionnel.
Pourquoi elle est dangereuse
Les poils urticants de la chenille provoquent des réactions chez l'homme (peau, yeux, voies respiratoires) et constituent une urgence vétérinaire pour les animaux, avec un risque de nécrose de la langue. Depuis le décret du 25 avril 2022, l'espèce est classée nuisible à la santé humaine. Le détail figure sur nos pages :
- Quel danger pour l'homme, l'animal et les arbres
- Piqûre : symptômes et que faire chez l'humain
- Danger pour le chien et pour le chat
Comment s'en débarrasser
On ne manipule jamais soi-même les nids ni les chenilles. La lutte se confie à un professionnel et combine plusieurs leviers : le retrait des nids (échenillage en hiver), le collier-piège qui intercepte les chenilles à la descente, les pièges à phéromones contre les papillons en été, et la lutte biologique (nichoirs à mésanges, traitement au Bacillus thuringiensis). Le détail est dans nos pages nid de chenille processionnaire et piège à chenilles processionnaires, et le panorama complet sur comment traiter et s'en débarrasser.