En bref
L'aleurode est le nom exact de la mouche blanche : un minuscule insecte de 1 à 2 mm, aux ailes couvertes d'une poussière cireuse blanche, appartenant à la super-famille des Aleyrodoidea (ordre des hémiptères). C'est un piqueur-suceur : il enfonce son rostre dans les feuilles pour en aspirer la sève, mais il ne pique jamais l'homme ni les animaux. Il colonise le revers des feuilles, s'envole en nuage au moindre contact, et affaiblit la plante en sécrétant un miellat collant sur lequel se développe la fumagine noire. Il prospère par temps chaud, surtout sous serre et en été.
Qu'est-ce qu'un aleurode, exactement ?
« Aleurode » et « mouche blanche » désignent le même insecte : le premier est le nom scientifique, le second le nom courant. Les aleurodes forment la super-famille des Aleyrodoidea, dans l'ordre des hémiptères — la même grande famille que les pucerons et les cochenilles, ce qui n'est pas un hasard : tous partagent le même régime. Ce sont de minuscules insectes de 1 à 2 mm, au corps tendre, dont les quatre ailes sont recouvertes d'une fine poussière cireuse d'un blanc mat. C'est cette cire qui leur donne leur aspect farineux et leur nom populaire.
Malgré leur allure de mouche, ce ne sont pas de vraies mouches. Ce sont des piqueurs-suceurs : équipés d'un rostre, ils perforent les tissus végétaux pour se nourrir de sève. On les trouve presque toujours groupés au revers des feuilles, là où ils pondent et où se développent leurs larves, immobiles et translucides. Ils apprécient la chaleur : très à l'aise sous serre, véranda et abris toute l'année, ils sortent aussi en plein air l'été, d'où les pics de présence pendant la belle saison.
Pique-t-elle l'homme ? Est-elle dangereuse ?
Le mot « piqueur-suceur » inquiète, et la question revient souvent : non, l'aleurode ne pique pas l'homme, ni les animaux domestiques. Son rostre est fait pour percer les feuilles et aspirer la sève, pas la peau ; elle n'a aucun intérêt pour le sang et ne transmet aucune maladie humaine. On peut avoir un nuage de mouches blanches plein la serre sans le moindre risque sanitaire pour les personnes.
Le vrai danger est pour les plantes. En prélevant la sève en grand nombre, les aleurodes affaiblissent et jaunissent le feuillage. Surtout, elles rejettent un miellat sucré et collant sur lequel s'installe la fumagine, un champignon noir qui recouvre les feuilles et gêne la photosynthèse. Enfin, certaines espèces peuvent transmettre des virus de plante à plante, comme le rappelle le fournisseur d'auxiliaires Koppert — un point qui les rend particulièrement redoutées sous serre.
Comment la reconnaître : nuage blanc, miellat, fumagine
Trois signes ne trompent pas. D'abord le nuage blanc : quand on effleure une plante infestée, une nuée de minuscules mouches blanches s'envole d'un coup avant de se reposer plus loin. Une plante saine ne fait jamais ça. Ensuite, en retournant les feuilles, on découvre au revers les adultes et surtout les larves : de petites écailles ovales, plates et translucides, fixées à la surface.
Enfin, les traces de miellat : les feuilles deviennent collantes et luisantes, puis se couvrent d'un dépôt noir, la fumagine. Ce voile noirâtre sur un feuillage poisseux est souvent ce qui alerte en premier, avant même qu'on ait repéré l'insecte lui-même.
Les espèces que l'on rencontre
Toutes les mouches blanches ne se valent pas : selon l'endroit, ce n'est pas la même espèce que l'on affronte. Les reconnaître aide à comprendre pourquoi certaines s'installent en serre toute l'année et d'autres au potager en été.
| Espèce | Où on la rencontre |
|---|---|
| Aleurode des serres (Trialeurodes vaporariorum) | Serres, vérandas, plantes d'intérieur, tomate ; active toute l'année au chaud — la plus commune |
| Aleurode du chou (Aleyrodes proletella) | Potager, sur choux et autres crucifères, en plein air |
| Aleurode épineux (Aleurocanthus spiniferus) | Agrumes, dont le citronnier ; espèce sous surveillance en France |
| Aleurode floconneux | Agrumes et arbustes ornementaux, reconnaissable à ses amas cireux cotonneux |
Quelles plantes elle attaque
L'aleurode est polyphage — elle s'attaque à une large gamme de végétaux, comme le note l'INRAE. Au jardin et à la maison, les cultures les plus touchées sont la tomate et les autres solanacées sous serre, les agrumes comme le citronnier, les choux au potager, ainsi que de nombreuses plantes d'ornement (hibiscus, géranium, fuchsia). Le point commun : un feuillage tendre et une ambiance chaude, les deux conditions qu'elle recherche.
Face à une colonie installée, plutôt que de dégainer un produit, on privilégie les barrières, le lavage et les auxiliaires naturels : le détail des méthodes qui fonctionnent est développé dans la page consacrée au traitement des aleurodes et mouches blanches. Ces insectes s'inscrivent d'ailleurs dans le même écosystème que les pucerons, où les coccinelles et autres auxiliaires jouent un rôle de régulation. Et comme on les confond souvent avec un autre piqueur-suceur, une page compare précisément l'aleurode et la cochenille. En cas d'invasion qui gagne toute une serre en région lyonnaise, un avis sur place aide à faire le point.
Questions fréquentes
Pourquoi un nuage de petites mouches blanches s'envole dès que je touche la plante ?
Les aleurodes disparaissent-elles avec le froid de l'hiver ?
Le miellat collant et la fumagine noire présentent-ils un risque pour ma santé ?
Aleurode, puceron blanc ou cochenille : comment ne pas les confondre ?
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