En bref
La pyrale du buis (Cydalima perspectalis) est un papillon nocturne originaire d'Asie, dont la chenille — vert clair à tête noire — dévore exclusivement le buis. Elle tisse des fils soyeux, laisse de petites crottes vertes et peut faire brunir un arbuste entier en quelques jours. L'insecte enchaîne deux à trois générations d'avril à octobre. Il est inoffensif pour l'homme et les animaux ; seul le buis est menacé, mais il peut repousser si l'on intervient à temps.
Un papillon venu d'Asie, devenu envahissant
Selon Wikipédia, la pyrale du buis est un lépidoptère de la famille des Crambidae, originaire d'Extrême-Orient. Introduite accidentellement en Europe dans les années 2000 avec des végétaux importés d'Asie — vers 2008 en France selon les collectivités concernées —, elle s'est répandue à grande vitesse. L'agence canadienne d'inspection des aliments estime que l'adulte peut voler 5 à 10 km par an, ce qui explique une progression foudroyante, encore en expansion aujourd'hui. Faute de prédateurs habitués à elle, peu d'animaux la régulent naturellement.
Chenille ou papillon : deux visages
L'insecte a deux formes très différentes, et c'est la chenille qui pose problème :
| Stade | Aspect | Rôle |
|---|---|---|
| La chenille | Vert clair, tête noire luisante, rayures vert foncé et noires, jusqu'à 4 cm, au milieu de fils soyeux | Le ravageur : elle dévore les feuilles puis l'écorce du buis |
| Le papillon | Ailes blanc nacré bordées de brun (parfois entièrement brunes), envergure d'environ 4 cm, actif la nuit | Inoffensif pour le buis : il ne mange pas, il pond les œufs |
Le papillon, attiré par la lumière, fait l'objet d'une page dédiée de ce guide ; c'est en surveillant ses vols qu'on anticipe l'arrivée des chenilles.
Reconnaître l'attaque sur le buis
Quelques signes ne trompent pas. Les feuilles sont rongées, réduites à leurs nervures, et l'arbuste brunit et se dessèche, souvent de l'intérieur. On repère des fils et toiles soyeux entre les rameaux, de petites crottes vertes à noires accumulées, et les chenilles elles-mêmes, bien vertes, au cœur du feuillage. L'attaque est rapide : selon FREDON Occitanie, chaque chenille détruit à elle seule environ 45 feuilles avant de se transformer.
Pyrale ou maladie du buis ? Ne pas confondre
Beaucoup parlent de « maladie du buis » : il faut distinguer deux problèmes très différents, car ils ne se traitent pas pareil. La pyrale est un insecte : sa présence se reconnaît aux chenilles, aux toiles soyeuses et aux crottes. Le buis souffre aussi d'une véritable maladie fongique, le dépérissement du buis (notamment dû au champignon Cylindrocladium buxicola) : là, pas de chenille ni de toile, mais des taches brunes à noires sur les feuilles et des rameaux qui noircissent.
Le cycle : pourquoi elle revient plusieurs fois par an
C'est ce qui rend la pyrale si difficile à contenir. D'après Gamm vert, un cycle complet, de l'œuf à l'œuf, ne dure qu'environ 40 à 60 jours par temps chaud. L'insecte enchaîne donc deux à trois générations entre avril et octobre, et les attaques se succèdent par vagues. Les dernières chenilles passent l'hiver abritées dans un cocon, au cœur du buis, prêtes à repartir au printemps. C'est pourquoi la surveillance des vols du papillon, à l'aide d'un piège, aide à traiter au bon moment plutôt qu'au hasard.
Est-elle dangereuse pour l'homme ou les animaux ?
Non. La chenille de la pyrale du buis n'est pas urticante, contrairement à la chenille processionnaire : on peut manipuler un buis infesté sans risque de démangeaison ou de brûlure. Elle ne pique pas, ne mord pas et n'est pas toxique pour les chats ou les chiens. Le seul véritable dégât est pour le végétal.
Le buis repousse-t-il après une attaque ?
C'est la bonne nouvelle : tant que les chenilles n'ont mangé que le feuillage, un buis débarrassé et taillé repart souvent, en produisant de nouvelles pousses. Le point de non-retour, c'est l'écorce : lorsque les chenilles, à court de feuilles, se mettent à ronger l'écorce des rameaux, ces branches meurent définitivement. D'où l'importance d'agir avant ce stade. La conduite à tenir — traitement au moment opportun, puis taille et remise en forme — est détaillée dans les pages dédiées de ce guide.
Que faire face à la pyrale du buis
Au-delà de l'identification, ce guide se poursuit dans des pages spécialisées : le traitement de la pyrale du buis (méthodes biologiques et gestes utiles, en écartant les fausses solutions comme le vinaigre blanc, inefficace), le piège à phéromones pour surveiller les vols et déclencher l'intervention au bon moment, et le papillon lui-même. En cas d'attaque sévère sur une haie de buis, à Lyon ou en Auvergne-Rhône-Alpes, un avis sur place aide à sauver ce qui peut l'être.
Les deux voies de biocontrôle : sur les chenilles, et en amont sur les œufs :
Bacillus thuringiensis (Btk) anti-pyrale du buisVoir le produit →
Trichogrammes anti-pyrale du buis (biocontrôle des œufs)Voir le produit →



