En bref
L'otiorhynque (Otiorhynchus sulcatus), aussi appelé charançon noir du jardin ou charançon de la vigne, est un petit coléoptère de la famille des Curculionidae, d'environ 1 cm, noir à brun foncé, au museau caractéristique. Il est nocturne : l'adulte se cache le jour et découpe le bord des feuilles en encoches la nuit. Ces morsures sont surtout esthétiques ; le vrai danger vient de sa larve, souterraine, qui dévore les racines et peut faire dépérir la plante. Il ne pique pas l'homme et n'est dangereux que pour les végétaux.
Qu'est-ce que l'otiorhynque ?
C'est un charançon, c'est-à-dire un coléoptère au museau allongé, de la grande famille des Curculionidae. L'espèce la plus commune au jardin est Otiorhynchus sulcatus. L'adulte mesure environ un centimètre, d'un noir mat à brun foncé, le corps trapu et grumeleux. Trois traits de sa biologie expliquent presque tout de son comportement — et pourquoi il est si difficile à surprendre.
- Il est nocturne. L'adulte reste caché dans le sol ou sous les feuilles le jour, et ne sort se nourrir que la nuit. On repère donc ses dégâts bien avant de le voir.
- Il ne vole pas. Ses élytres sont soudés : c'est un insecte aptère, qui se déplace à pied. Il se propage lentement, souvent en grimpant sur les plantes voisines — ou en voyageant dans la motte d'une plante achetée en pot.
- Il se reproduit sans mâle. Les populations sont presque uniquement composées de femelles, capables de pondre par parthénogenèse. Un seul individu suffit à fonder une colonie, ce qui explique la vitesse à laquelle il colonise un massif.
Le signe qui le trahit : les encoches
Bien avant d'apercevoir l'insecte, on remarque son œuvre. L'otiorhynque adulte ronge le pourtour des feuilles en y découpant des encoches arrondies et régulières, comme faites à l'emporte-pièce, sans jamais toucher le centre du limbe. Ce feston caractéristique, sur un rosier, un rhododendron, un hortensia ou un laurier, est sa signature. Comme il opère la nuit, c'est souvent le seul indice visible : pour confirmer, il faut l'observer à la lampe, à la tombée du jour.
Le paradoxe : l'adulte se voit, la larve tue
C'est le point que la plupart des jardiniers découvrent trop tard. Les encoches de l'adulte impressionnent, mais elles restent cosmétiques : une plante installée les supporte sans dommage réel. Le véritable danger est invisible, sous terre.
Les encoches sur les feuilles
Spectaculaires mais superficielles. Sur une plante en pleine forme, elles ne menacent pas sa survie.
Les racines dévorées
La larve blanche, dans le sol, ronge d'abord les radicelles puis les grosses racines et le collet : la plante flétrit et peut mourir.
Une plante en pot ou un jeune sujet qui dépérit sans raison apparente, alors que le feuillage porte des encoches, doit faire penser aux larves. Leur biologie et les moyens d'agir sont détaillés sur la page consacrée à la larve de l'otiorhynque, et l'ensemble des méthodes qui marchent — à commencer par les nématodes — sur la page traitement de l'otiorhynque.
Quelles plantes il vise
L'otiorhynque est très polyphage, mais quelques végétaux reviennent sans cesse dans les signalements — souvent des plantes à feuilles persistantes et des cultures en pot, où les larves prospèrent dans un volume de terre limité.
| Plantes les plus touchées | Ce que l'on observe |
|---|---|
| Rhododendron, azalée, camélia | Cibles classiques : encoches nettes sur le feuillage persistant |
| Hortensia, rosier, laurier | Festons sur les bords des feuilles, surtout en été |
| Olivier, vigne (en pot ou en pleine terre) | « Charançon de la vigne » ; adulte sur le feuillage, larve aux racines |
| Fraisier, cyclamen, plantes en pot | Très exposés : la larve peut anéantir les racines en pot |