En bref

Le mulot (genre Apodemus) est un rongeur élancé, à longue queue, grands yeux et grandes oreilles, qui vit en surface, grimpe et se nourrit surtout de graines. Le campagnol (Microtus, Arvicola) est trapu, à queue courte et petites oreilles cachées, vit sous terre en creusant des galeries et s'attaque aux racines — c'est le vrai ravageur du potager. Indice décisif : des plantes qui fanent avec des monticules de terre désignent le campagnol ; des graines déterrées en surface, le mulot.

Mulot ou campagnol : le comparatif

Le plus simple est de les mettre côte à côte. Trois critères suffisent le plus souvent à trancher : la silhouette, le mode de vie et les dégâts.

CritèreMulot (Apodemus)Campagnol (Microtus, Arvicola)
SilhouetteÉlancée, fineTrapue, ramassée
MuseauPointu, allongéCourt et arrondi
Yeux / oreillesGrands yeux, grandes oreilles bien visiblesPetits yeux, petites oreilles cachées dans le poil
QueueLongue, presque aussi longue que le corpsCourte, nettement plus courte que le corps
PelageBrun-roux, ventre blanc netGris-brun uniforme
Mode de vieEn surface, terriers peu profonds ; grimpe et sauteSous terre, réseau de galeries ; vit en colonies
RégimeGraines, fruits, bulbes en surfaceRacines, tubercules, collets
Dégâts au jardinDiscrets (semis déterrés)Importants (plantes qui dépérissent, monticules)

Sans voir l'animal : lire les traces

Le plus souvent, on ne voit pas le rongeur mais ses indices. Ils sont assez parlants pour trancher :

  • Campagnol : un réseau de galeries superficielles, de petits monticules de terre irréguliers, des racines rongées et des plantes qui fanent ou basculent quand on tire dessus (le collet a été sectionné par-dessous).
  • Mulot : un trou net d'environ 2,5 à 3 cm, sans monticule, souvent près d'un mur ou d'un tas ; des graines vidées et des semis déterrés en surface. La reconnaissance du trou est détaillée dans le mulot au jardin, et celle des crottes dans la crotte de mulot.

Attention au mot « mulot »

Une bonne part de la confusion vient du vocabulaire. « Mulot » est un nom vernaculaire ambigu : pour les naturalistes, il désigne précisément le genre Apodemus, mais dans le langage courant on l'emploie à tort pour à peu près n'importe quel petit rongeur de campagne — en premier lieu le campagnol des champs, parfois appelé « rat des moissons ». Le campagnol terrestre, lui, est un gros campagnol également connu sous le nom de rat taupier, redouté dans les vergers. Autrement dit, quand un jardinier se plaint d'un « mulot » qui dévore ses racines, il parle presque toujours d'un campagnol. Ce glissement de sens est le même que celui décrit sur la page principale du mulot.

Et la souris, la musaraigne ou le rat ?

Le trio mulot–campagnol se complique parfois d'un troisième larron. Voici de quoi les écarter d'un coup d'œil :

AnimalRepère express
Souris griseGris terne uniforme, d'intérieur — voir mulot ou souris
MusaraigneMuseau très allongé en trompe ; insectivore, pas un rongeur
Jeune ratNettement plus gros, queue épaisse, crottes > 1 cm

Lequel est vraiment un problème ?

La distinction n'est pas qu'affaire de curiosité : elle change la conduite à tenir. Le campagnol est un ravageur reconnu du potager et des vergers, qui justifie une protection spécifique des cultures — un sujet à part entière. Le mulot, lui, cause des dégâts plus ponctuels et joue un rôle utile dans l'écosystème : dans la plupart des jardins, il suffit de protéger les semis sans chercher à l'éliminer, comme l'explique le mulot au jardin. Les méthodes douces communes aux deux — prévention, prédateurs naturels, pièges de capture — sont réunies dans se débarrasser des mulots. En cas de doute persistant à Lyon ou en Auvergne-Rhône-Alpes, un avis sur place permet d'identifier l'animal avec certitude avant d'agir.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un mulot et un campagnol ?
La différence la plus visible est la silhouette. Le campagnol est trapu et ramassé, avec un museau court et arrondi, de petites oreilles presque cachées dans le pelage et une queue courte, nettement plus courte que son corps. Le mulot, lui, est élancé, avec un museau pointu, de grands yeux ronds, de grandes oreilles bien visibles et une longue queue, presque aussi longue que le corps. Le mulot grimpe et saute avec agilité ; le campagnol reste au sol et creuse.
Lequel fait le plus de dégâts au potager ?
C'est le campagnol. Il vit sous terre, creuse un réseau de galeries et s'attaque aux racines, aux tubercules et au collet des plantes, ce qui peut faire dépérir des cultures entières par le dessous. Le mulot fait des dégâts plus discrets, en surface : il déterre des graines semées et grignote des bulbes ou des fruits tombés, mais s'attaque rarement aux racines. En résumé, des plantes qui fanent sans raison apparente, avec des monticules de terre, pointent vers le campagnol.
Le mot « mulot » désigne-t-il toujours le vrai mulot ?
Non, et c'est la source de bien des confusions. « Mulot » est un nom vernaculaire ambigu : pour les naturalistes, il désigne le genre Apodemus, mais dans le langage courant on l'emploie souvent à tort pour n'importe quel petit rongeur des champs, en particulier le campagnol des champs. Quand un jardinier parle d'un « mulot » qui ravage son potager par les racines, il s'agit le plus souvent d'un campagnol.

Un piège adapté aux deux rongeurs des champs :

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