En bref
Le coniophore des caves (Coniophora puteana) est un champignon lignivore responsable de la pourriture cubique brune, comme la mérule. Il se développe uniquement sur un bois gorgé d'humidité — les instituts du bois retiennent un seuil d'environ 35 % d'humidité. Contrairement à la mérule, il ne traverse pas la maçonnerie et ne s'étend pas au bois sec : il reste cantonné à la zone humide et meurt quand on assèche. Il est donc plus courant, mais moins grave.
Le coniophore des caves, qu'est-ce que c'est
Derrière ce nom se cache Coniophora puteana, aussi appelé « champignon des caves » ou coniophore bosselé. Sa fiche encyclopédique sur Wikipédia le décrit comme un champignon lignivore, saprophyte, responsable de la pourriture cubique — cette dégradation qui fait brunir le bois et le fissurer en petits cubes, exactement comme le fait la mérule.
C'est probablement le champignon de pourriture le plus fréquent dans les caves, vides sanitaires et sous-sols mal ventilés. Il s'installe partout où le bois reste durablement humide : poutres de plancher bas, bois en contact avec un mur infiltré, boiseries d'une cave sujette aux remontées d'eau.
Comment le reconnaître
Le coniophore se signale d'abord par ses filaments : au début un feutrage clair, presque cotonneux, qui vire ensuite à des cordons fins, brun foncé à noirs, ramifiés en éventail sur la surface du bois, comme des veines sombres. S'y ajoutent souvent une odeur de cave humide caractéristique, des taches sombres, et un bois qui s'assombrit et cède sous la pression d'un tournevis.
Coniophore ou mérule ? Le tableau qui tranche
C'est la question qui revient le plus, car les deux champignons se ressemblent et provoquent la même pourriture brune. Pourtant, leur comportement diffère du tout au tout — et c'est ce qui change la gravité et le traitement :
| Indice | Coniophore des caves | Mérule |
|---|---|---|
| Besoin en eau | Élevé et permanent : bois gorgé d'humidité | Transporte l'eau : colonise aussi du bois plus sec |
| Extension | Reste cantonné à la zone humide | Traverse la maçonnerie, s'étend loin du foyer |
| Filaments | Fins, bruns à noirs, en éventail | Gros cordons blancs à gris, épais |
| Fructification | Discrète, en croûte mince | Large, couleur rouille, qui « pleure » |
| Gravité | Limitée, meurt à l'assèchement | Élevée : le « cancer du bâtiment » |
Le test le plus fiable tient en une question : le champignon reste-t-il là où le bois est mouillé, ou progresse-t-il au-delà, sur du bois sain et à travers les murs ? Dans le premier cas, coniophore ; dans le second, il faut suspecter la mérule. En cas de doute, comparez avec notre page pour reconnaître la mérule.
Pourquoi il est moins redoutable que la mérule
C'est le point rassurant, et il repose sur une différence biologique nette. Le coniophore est entièrement dépendant de l'eau : il lui faut un bois dont l'humidité dépasse environ 35 %, un niveau que seuls des matériaux vraiment détrempés atteignent. Privé de cette humidité, il cesse de croître et meurt. Il n'a pas la capacité de la mérule, qui achemine l'eau par ses cordons pour attaquer du bois plus sec et se propager dans tout un bâtiment.
Conséquence pratique : traiter un coniophore commence presque toujours par supprimer la source d'humidité, ce qui suffit souvent à stopper le champignon. On évite le plus souvent le chantier lourd — bûchage étendu, traitement de la maçonnerie — qu'impose une mérule installée. Cela ne veut pas dire qu'il faut l'ignorer : tant que le bois reste humide, le coniophore continue de dégrader la structure.
Quel danger réel
Pour les occupants, le risque est limité : le coniophore n'est pas toxique et ne présente pas de danger par contact. Comme tout champignon qui prospère dans l'humidité, ses spores et l'ambiance confinée peuvent gêner les personnes sensibles sur le plan respiratoire — l'ANSES et Santé publique France documentent ce lien entre humidité intérieure, moisissures et troubles respiratoires. En cas de gêne persistante chez une personne fragile, un avis médical s'impose.
Le danger principal reste matériel : en digérant la cellulose du bois humide, le coniophore lui fait perdre sa résistance. Sur un plancher bas ou des solives longuement détrempés, l'affaiblissement peut devenir sérieux. Ce volet, commun aux champignons du bois, est développé dans notre page sur le danger de la mérule.
Comment on le traite
La logique découle de sa biologie, et l'ordre compte :
- Supprimer la source d'humidité Fuite, infiltration, remontée capillaire, défaut de ventilation : c'est l'étape décisive. Sans eau, le coniophore s'éteint.
- Assécher et ventiler Faire baisser durablement le taux d'humidité du bois et de l'air, pour repasser sous le seuil qui permet au champignon de vivre.
- Remplacer le bois dégradé et traiter Les pièces trop atteintes se déposent ; le bois sain conservé peut recevoir un traitement fongicide adapté, un travail qui relève du professionnel dès qu'une structure est en jeu.
Les remèdes de surface souvent cités — vinaigre blanc, eau de Javel — ne règlent rien sur un champignon installé : ils nettoient une trace sans traiter la cause, l'humidité. Le principe du traitement, commun aux champignons lignivores, est détaillé dans notre guide de traitement ; pour situer un budget, voyez le prix d'un traitement.
Un doute sur un champignon de cave en région lyonnaise
Distinguer un coniophore d'une mérule ne se fait pas toujours à l'œil, et l'enjeu n'est pas le même. Si vous observez un champignon sur du bois humide dans une cave ou un sous-sol à Lyon ou en Auvergne-Rhône-Alpes, une expertise sur place identifie l'espèce et mesure l'étendue. Décrivez votre situation pour un premier avis, ou revenez au guide de la mérule pour l'ensemble du sujet des champignons du bois.