En bref

L'altise du chou (Phyllotreta nemorum), aussi appelée altise des crucifères, est le petit coléoptère sauteur qui crible les feuilles des choux, radis, roquette, navets et autres crucifères. Elle vise aussi, via des espèces voisines, les solanacées (pommes de terre, aubergines) et la betterave. Le vrai danger est pour les jeunes plants et les semis, qui peuvent être détruits en quelques jours ; les cultures développées ne subissent que des dégâts esthétiques. Attention : ce n'est pas la « grosse altise du colza », un autre insecte, plus grand, actif à l'automne, dont la larve mine les tiges — un problème de grande culture, pas de potager.

L'altise du chou, reine des crucifères

Au potager, l'altise que l'on rencontre le plus souvent est l'altise du chou, de son nom scientifique Phyllotreta nemorum, également appelée altise des crucifères. C'est un tout petit coléoptère de 2 à 3 mm, noir et sauteur, qui a une nette préférence pour la famille des Brassicacées — la grande famille des choux.

Son mode de dégât est caractéristique : l'adulte grignote la surface des feuilles et y perce une multitude de petits trous ronds, la criblure, qui donne au feuillage un aspect de passoire. Sur un semis de radis ou de roquette tout juste levé, l'effet peut être fulgurant : un rang entier peut être haché en quelques jours de forte chaleur. Le détail de l'identification de l'insecte et de ce dégât figure sur la page consacrée à l'altise, cette petite « puce de terre ».

Les cultures visées, culture par culture

Toutes les cultures ne sont pas logées à la même enseigne. Les crucifères à feuilles tendres, semées serrées et récoltées jeunes, sont les plus exposées ; les légumes-fruits et les plantes développées le sont beaucoup moins. Voici les cultures les plus concernées au jardin.

CultureExpositionCe qu'il faut savoir
Radis, roquetteTrès forteSemis serrés, feuilles tendres, récolte rapide : la cible favorite, souvent criblée dès la levée.
Choux (pommé, brocoli, chou-fleur, chou-rave)Forte au repiquageTrès sensibles jeunes ; une fois bien développés, les trous sur les feuilles de couverture sont sans gravité.
Navet, moutarde, cressonForteCrucifères également recherchées, surtout au stade plantule.
Pommes de terre, auberginesMoyenneVisées par des altises voisines (Epitrix), pas par l'altise du chou elle-même.
Betterave, épinardVariableAttaques possibles par d'autres espèces d'altises, généralement plus discrètes.

Le fil conducteur est toujours le même : c'est le jeune plant qui paie. Une plante installée, au feuillage épais, encaisse ; une plantule fraîchement levée peut disparaître. C'est donc au moment des semis et des repiquages que la protection compte, un sujet détaillé dans la page dédiée au traitement des altises au potager.

Attention : ce n'est pas l'altise du colza

Une confusion revient sans cesse, y compris sur les sites de jardinage : mettre dans le même sac « altise du chou » et « altise du colza ». Ce sont pourtant deux insectes différents, avec une biologie, une saison et des dégâts distincts. Les confondre conduit à surveiller la mauvaise culture au mauvais moment.

Altise du chou ≠ grosse altise du colza L'altise du chou (Phyllotreta nemorum) est un ravageur du potager : l'adulte crible les feuilles au printemps et en été, sur les jeunes crucifères. La grosse altise du colza (Psylliodes chrysocephala) est un insecte plus grand, de grande culture : elle attaque le colza à l'automne, et surtout sa larve mine l'intérieur des tiges et des pétioles — un dégât invisible en surface, sans rapport avec la criblure des feuilles. Au potager, c'est l'altise du chou qui vous concerne, quasiment jamais la grosse altise du colza.

Un indice simple pour trancher, relevé par les jardiniers en permaculture comme par les instituts agricoles : l'altise du chou adore les étés chauds et secs, alors que la grosse altise du colza est active en saison fraîche, à l'automne. Si vos crucifères sont criblées en juin par pleine chaleur, c'est l'altise du chou — pas celle du colza.

Protéger ses semis et ses jeunes plants

Puisque le risque se concentre sur le jeune plant, la protection se joue au moment le plus fragile de la culture. Deux principes dominent, sans le moindre traitement chimique : faire barrière entre l'altise et la plante, et jouer sur l'humidité, qu'elle déteste. Un voile ou un filet fin posé dès le semis, un sol maintenu frais, des arrosages qui dérangent les adultes : l'essentiel de la lutte tient dans ces gestes.

Le détail de ces méthodes — quel maillage de filet, comment entretenir l'humidité, ce qui marche et ce qui ne marche pas — est développé dans la page dédiée au traitement des altises au potager. Si, malgré tout, un potager entier décroche chaque été en région lyonnaise, un avis sur place aide à identifier ce qui favorise ces pullulations.

Questions fréquentes

Peut-on manger un chou ou un radis criblé par les altises ?
Oui, sans problème. Les altises ne font que perforer le feuillage : elles ne laissent ni toxine ni résidu dangereux. Un radis, une roquette ou un chou dont les feuilles sont criblées reste parfaitement comestible une fois lavé. Les trous sont un défaut esthétique, pas sanitaire. Le seul vrai enjeu est pour les très jeunes plants, dont la croissance peut être stoppée par des attaques massives avant même la récolte.
À quelle période semer choux et radis pour limiter les altises ?
Les altises sont les plus voraces en pleine chaleur, de la fin du printemps à la fin de l'été. Décaler certains semis vers les périodes plus fraîches et plus humides — tout début de printemps, ou fin d'été pour les semis d'automne — réduit nettement la pression. Un semis qui lève par temps couvert et humide traverse sa phase la plus fragile au moment où les altises sont le moins actives. C'est un levier de calendrier, complémentaire des protections physiques.
Les altises attaquent-elles les cultures sous serre ou sous tunnel ?
Elles le peuvent, car la chaleur d'une serre ou d'un tunnel leur convient parfaitement. Mais un espace fermé se protège plus facilement : il suffit souvent de tenir les ouvertures voilées d'un filet fin pour empêcher les adultes d'entrer, et d'y maintenir une hygrométrie plus élevée, que les altises fuient. Une culture sous abri bien géré est donc en général moins exposée qu'à découvert.
Un chou déjà bien pommé risque-t-il encore les altises ?
Beaucoup moins. Un chou développé, dont les feuilles extérieures sont épaisses et coriaces, encaisse sans dommage réel les morsures des altises : quelques trous sur le feuillage de couverture n'affectent ni la pomme ni la récolte. Le risque vaut surtout pour les jeunes plants et les repiquages récents, aux feuilles tendres. Passé ce cap, la surveillance peut se relâcher sur cette culture.

La panoplie contre l'altise du chou :

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