En bref

Un palmier attaqué par le papillon du palmier est récupérable tant que son cœur — le bourgeon terminal — est vivant. Contrairement à un arbre à branches, le palmier n'a qu'un seul point de croissance : s'il est détruit, l'arbre ne repart jamais. Les signes vont, du plus bénin au plus grave, de la sciure et des palmes perforées jusqu'au fléchissement des feuilles centrales, signe que le cœur est atteint. Pour juger : tirer doucement sur les palmes du centre. Si elles tiennent, on peut traiter ; si elles se détachent, le palmier est condamné et doit être abattu et détruit avant l'envol des papillons.

Lire les dégâts, du bénin au grave

Tous les palmiers atteints ne sont pas perdus. Les symptômes forment une gradation : plus ils touchent le centre, plus l'arbre est en danger. Les repérer dans l'ordre aide à situer où en est votre palmier.

  1. Sciure et perforations (encore superficiel) De la sciure brunâtre au pied ou à la base des palmes, des trous ovales et des découpes régulières sur les palmes qui se déploient. L'attaque est là, mais le cœur peut être intact.
  2. Écoulement de gomme (l'insecte travaille) Un liquide visqueux suinte à l'entrée des galeries : les chenilles creusent activement le stipe. Il est temps d'agir sans tarder.
  3. Fléchissement des palmes centrales (le cœur est menacé) Les jeunes palmes du centre jaunissent, sèchent, se cassent ou pendent : le bourgeon terminal est attaqué. C'est le stade critique, celui qui décide de la survie.
  4. Cœur effondré (palmier perdu) Le centre s'affaisse, part en pourriture, plus aucune nouvelle palme ne sort : le point de croissance est détruit. À ce stade, l'arbre ne se sauve plus.

Le vrai critère : le cœur du palmier

Il faut comprendre une particularité du palmier pour bien décider. Un arbre classique possède de nombreux bourgeons et peut repartir d'une branche même s'il en perd d'autres. Le palmier, lui, n'a qu'un seul point de croissance : le bourgeon terminal, au sommet du stipe, d'où sortent toutes les nouvelles palmes. C'est son unique moteur, et il est irremplaçable. Tant qu'il est vivant, le palmier peut refaire des feuilles et se rétablir. S'il est dévoré, aucun traitement ne le ranimera : l'arbre est condamné.

Le test des palmes du cœur Pour évaluer l'état du bourgeon terminal, tirez doucement sur les palmes centrales, celles qui viennent de sortir. Si elles restent solidement attachées, le cœur est vivant et le palmier a ses chances. Si elles se détachent facilement ou viennent avec une base molle et brunie, le cœur est mort : la survie est compromise.

S'il est récupérable : agir vite

Cœur vivant, palmes centrales solides : ne perdez pas de temps. On coupe et évacue les palmes sèches ou percées de galeries, puis on met en place un traitement qui va chercher les chenilles à l'intérieur du stipe — les nématodes en premier lieu. Le détail des méthodes et du calendrier est réuni dans la page traitement du papillon du palmier. Un palmier pris à temps, dont le cœur est préservé, refait des palmes et repart bien souvent.

S'il est condamné : abattre proprement

Cœur mort, centre effondré : garder l'arbre ne sert plus à rien, et surtout il devient une source de contamination. Les chenilles qui l'habitent encore deviendront des papillons qui iront pondre sur les palmiers voisins. D'où une règle claire, rappelée par la FREDON :

Abattre au bon moment

Éliminer les palmiers dépérissants ou morts avant l'émergence des papillons, pour couper le cycle sur place.

Détruire, ne pas disperser

Broyer ou incinérer le stipe (là où la réglementation locale l'autorise) : le laisser au sol laisse émerger les adultes.

L'abattage d'un grand palmier et l'évacuation d'un stipe infesté ne s'improvisent pas : c'est un travail souvent réservé à un professionnel, d'autant que certaines communes encadrent la lutte. Pour l'identification du ravageur, revenez au guide du papillon du palmier ; pour reconnaître ce qui creuse à l'intérieur, la page sur la larve du papillon du palmier complète le tableau. En cas de doute sur un palmier de valeur en région lyonnaise ou dans le Sud, un avis sur place permet de trancher entre soin et abattage.

Questions fréquentes

Un palmier à plusieurs troncs peut-il survivre si l'un d'eux meurt ?
Oui. Les palmiers dits cespiteux, comme le palmier nain (Chamaerops humilis), forment plusieurs stipes partant de la souche. Si une tige perd son cœur et meurt, les autres, munies chacune de leur propre bourgeon, peuvent continuer à pousser. On coupe alors la tige perdue et l'on traite les rejets survivants. Un palmier à tronc unique (Trachycarpus, Phoenix), lui, n'a pas cette seconde chance.
Est-on obligé de traiter ou de déclarer un palmier infesté ?
Cela dépend du lieu. Le papillon du palmier fait l'objet, dans certaines communes ou départements du Sud, d'arrêtés de lutte obligatoire qui imposent de traiter ou d'éliminer les sujets atteints. Le plus sûr est de se renseigner auprès de sa mairie ou de la FREDON de sa région, qui indiquent les obligations locales et la marche à suivre pour l'abattage.
Peut-on replanter un palmier au même endroit après en avoir abattu un ?
Oui, l'emplacement lui-même n'est pas contaminé, puisqu'il n'y a pas de maladie du sol. Le risque tient au voisinage : si des palmiers atteints subsistent alentour, le nouveau sujet sera exposé aux papillons dès sa reprise. Mieux vaut donc replanter une fois la pression locale maîtrisée, et surveiller le jeune palmier de près pendant la saison de vol.
Combien de temps un palmier met-il à mourir une fois attaqué ?
C'est très variable : de quelques mois à plusieurs années. Une attaque légère, avec un cœur encore intact, peut être stoppée et l'arbre repart. À l'inverse, plusieurs générations de chenilles qui finissent par détruire le bourgeon terminal condamnent le palmier en une à deux saisons. Le facteur décisif n'est pas le temps écoulé, mais l'état du cœur.