En bref
Le cossus gâte-bois (Cossus cossus) est un grand papillon nocturne dont la chenille rouge — la plus grosse de France, jusqu'à 10 cm — creuse le bois vivant des arbres. Elle n'est ni venimeuse ni urticante : sans danger pour l'homme, le chien ou le chat, qu'elle ne cherche jamais à piquer. Tout le danger est pour l'arbre, surtout s'il est déjà affaibli : saules, peupliers, chênes et arbres fruitiers. Une attaque se repère aux galeries, à la sciure rejetée et à une odeur forte au pied du tronc. Son cycle dure deux à trois ans.
Quel est cet insecte ?
Le cossus gâte-bois, de son nom scientifique Cossus cossus, est un lépidoptère de la famille des Cossidae, aussi appelé « ronge-bois ». L'adulte est un gros papillon nocturne, gris cendré, que l'on aperçoit rarement. C'est sa chenille qui fait sa réputation : d'un rouge lie-de-vin sur le dessus, plus claire dessous, luisante, avec une tête noire, elle atteint huit à dix centimètres. C'est tout simplement la plus grosse chenille que l'on puisse trouver en France. Elle dégage aussi une odeur forte, un peu âcre, qui lui a valu son surnom anglais de « goat moth », le papillon-bouc.
On la confond parfois avec la chenille de la zeuzère du poirier (Zeuzera pyrina), un cousin de la même famille qui attaque aussi les arbres, mais dont la chenille est jaunâtre mouchetée de noir, et non rouge.
Est-elle dangereuse pour le chien, le chat, l'homme ?
C'est la vraie inquiétude, et elle mérite une réponse claire : non. La chenille du cossus ne possède ni poils urticants (contrairement aux chenilles processionnaires), ni venin, ni toxine. On peut la toucher sans risque. Elle ne pique pas, ne mord pas l'homme, et n'est pas dangereuse pour les animaux domestiques. Sa taille et sa couleur vive impressionnent, mais elle n'a aucun moyen de défense agressif.
Quels arbres il attaque
Le cossus s'attaque à une large gamme de feuillus, avec une prédilection pour les arbres déjà affaiblis — vieux, blessés ou stressés. Les plus touchés sont les essences à bois plutôt tendre et les fruitiers de jardin.
| Type d'arbre | Exemples fréquemment touchés |
|---|---|
| Arbres d'ornement | Saule, peuplier, orme, frêne, marronnier, bouleau |
| Arbres fruitiers | Pommier, poirier, cerisier, prunier, noyer, olivier |
| Terrain de prédilection | Sujets âgés, blessés ou en mauvaise santé ; troncs et grosses branches |
Sur un arbre vigoureux, les dégâts restent souvent limités ; sur un sujet fragile, en revanche, les galeries répétées peuvent finir par le condamner. C'est pourquoi le cossus est considéré comme un ravageur au verger et au jardin.
Reconnaître une attaque
On ne voit presque jamais la chenille, cachée dans le bois. Ce sont les indices sur l'arbre qui trahissent sa présence :
- Des galeries larges creusées dans le tronc et les grosses branches, parfois de la taille d'un doigt.
- De la sciure et des copeaux (vermoulure) rejetés à l'extérieur, s'accumulant au pied de l'arbre.
- Un écoulement de sève et des zones d'écorce suintantes autour des entrées de galeries.
- Une odeur forte, caractéristique, qui se dégage du bois attaqué.
Fait important pour situer l'ampleur : le cycle du cossus dure deux à trois ans, la chenille grandissant lentement à l'intérieur du bois. Une attaque s'installe donc dans la durée. Pour savoir comment détecter tôt et limiter les populations — pièges à phéromones, surveillance, gestes au verger —, la page traitement du cossus gâte-bois détaille la marche à suivre. À ne pas confondre, enfin, avec les vrillettes et autres xylophages du bois mort, qui, eux, s'attaquent aux charpentes et aux meubles. Sur un arbre de valeur atteint en région lyonnaise, un avis sur place aide à évaluer la gravité.