En bref
La cochenille du laurier-rose est un insecte, pas une maladie. Deux espèces sont surtout en cause : la cochenille à bouclier (Aspidiotus nerii), petite coque ronde beige à brune, et la cochenille noire (Saissetia oleae), plus sombre et productrice de miellat. Le voile noir sur le feuillage est de la fumagine, un champignon qui pousse sur ce miellat. Pour traiter : tailler le bois atteint, retirer les amas, pulvériser du savon noir additionné d'huile, et laisser agir les auxiliaires du jardin. Attention : le laurier-rose est une plante très toxique, à manipuler avec des gants.
Cochenille ou maladie ? Ce que vous voyez vraiment
Beaucoup de jardiniers cherchent une « maladie du laurier-rose » alors qu'ils ont affaire à un insecte. La confusion est logique : la cochenille ne bouge presque pas, ne vole pas, et ressemble à une excroissance de la plante. Puis apparaît un feuillage collant et un voile noir qui évoque une infection.
Ce voile noir n'est pas une maladie du feuillage : c'est la fumagine, une moisissure qui se développe sur le miellat, la substance sucrée rejetée par les cochenilles. Elle est disgracieuse et gêne la photosynthèse, mais elle disparaît une fois l'insecte maîtrisé et le feuillage nettoyé.
Quelle cochenille sur le laurier-rose
Deux espèces reviennent le plus souvent, et les confondre conduit à mal traiter. Selon FREDON, ces cochenilles sont très polyphages et s'attaquent aussi à l'olivier, aux agrumes et au lierre.
| Espèce | Aspect | À savoir |
|---|---|---|
| Cochenille à bouclier (Aspidiotus nerii) | Petite coque ronde et plate, beige à brun clair, bien collée aux feuilles et aux tiges | Aussi appelée cochenille du laurier-rose ou du lierre ; carapace qui la protège des pulvérisations |
| Cochenille noire (Saissetia oleae) | Coque bombée brun foncé à noire, souvent marquée d'un H sur le dos | La même que sur l'olivier ; produit beaucoup de miellat, d'où la fumagine |
Dans les deux cas, ce sont des cochenilles à carapace : la coque protège l'insecte, ce qui explique pourquoi un simple jet de produit glisse dessus sans effet. C'est ce qui distingue le traitement du laurier-rose de celui des plantes à cochenille farineuse. Sur l'arbre voisin qu'est l'olivier, on retrouve la même cochenille noire : la page consacrée à l'olivier détaille ce cas.
Attention : le laurier-rose est une plante très toxique
Ce point est trop souvent oublié dans les conseils de traitement. Le laurier-rose (Nerium oleander) est une plante très toxique dans toutes ses parties — feuilles, tiges, fleurs, sève. Cela ne change rien à la cochenille, mais impose des précautions dès que vous taillez ou manipulez l'arbuste :
Comment traiter la cochenille du laurier-rose
L'avantage du laurier-rose, arbuste souvent vigoureux, est qu'il supporte bien une intervention franche. La cochenille ne vole pas et se déplace lentement : on peut donc agir mécaniquement.
- Tailler le bois le plus atteint Supprimez les rameaux couverts d'amas : c'est le moyen le plus rapide de réduire la colonie (avec les précautions de toxicité ci-dessus).
- Brosser et retirer les coques Sur les tiges et le revers des feuilles, frottez à la brosse souple ou au chiffon pour décoller les boucliers.
- Pulvériser du savon noir additionné d'huile Le mélange savon noir dilué et huile végétale enrobe l'insecte et l'asphyxie ; c'est surtout efficace sur les jeunes, moins protégés. Insistez sur le dessous des feuilles et les aisselles.
- Renouveler et nettoyer Recommencez tous les huit à dix jours, et rincez le feuillage pour éliminer le miellat et la fumagine.
Les alliés naturels au jardin
C'est tout l'intérêt de traiter en extérieur plutôt qu'en intérieur : le jardin abrite des ennemis naturels de la cochenille. De petites guêpes parasitoïdes comme Aphytis melinus, les coccinelles et leurs larves, et les oiseaux insectivores comme les mésanges contribuent à réguler les populations. Les favoriser — en évitant les insecticides à large spectre qui les détruisent aussi — fait partie de la lutte.
Pensez aussi aux fourmis : elles protègent les cochenilles pour récolter leur miellat et éloignent leurs prédateurs. Gêner leur accès au pied de l'arbuste aide les auxiliaires à faire leur travail.
Et la cochenille du laurier-sauce ?
Attention à ne pas confondre deux plantes : le laurier-sauce (Laurus nobilis), dont on utilise les feuilles en cuisine, n'a rien à voir avec le laurier-rose. Il peut lui aussi héberger des cochenilles, souvent noires, avec le même miellat et la même fumagine.
La différence essentielle est que ses feuilles sont comestibles. On s'en tient donc à des gestes doux : retrait manuel, savon noir bien dilué puis rinçage soigneux, et taille des rameaux atteints. Aucun produit destiné aux plantes ornementales ne doit être utilisé sur un aromatique dont on consomme le feuillage.
Une haie ou plusieurs lauriers touchés, en région lyonnaise
Quand la cochenille s'installe durablement sur une haie de lauriers-roses ou passe d'un arbuste à l'autre, à Lyon ou en Auvergne-Rhône-Alpes, un diagnostic sur place permet d'identifier l'espèce et d'adapter l'intervention. Décrivez votre situation pour un premier conseil, ou revenez au guide de la cochenille pour l'ensemble du sujet.