En bref

Un citronnier aux feuilles collantes et couvertes de taches noires n'est pas malade : il héberge des cochenilles. Ces insectes sucent la sève et rejettent un miellat sur lequel se développe la fumagine, ce dépôt noir. Pour les éliminer sur un agrume : savon noir dilué pulvérisé, huile végétale et alcool au coton-tige, à répéter. La bouillie bordelaise est inutile — c'est un fongicide, pas un insecticide.

Votre citronnier n'est pas malade : c'est la cochenille

C'est la première chose à comprendre, car elle oriente tout le traitement. Beaucoup cherchent une « maladie du citronnier » en voyant les feuilles noircir et coller. En réalité, il n'y a pas de maladie : il y a un insecte, la cochenille, et un phénomène qui en découle. En se nourrissant de la sève, elle rejette un liquide sucré, le miellat, qui rend le feuillage poisseux. Sur ce miellat s'installe un champignon noir de surface, la fumagine — ces fameuses taches noires. La fumagine ne dévore pas l'arbre, mais elle salit les feuilles et gêne la photosynthèse.

Traiter le noir sans traiter l'insecte ne mène nulle part : tant que la cochenille pompe la sève, le miellat revient, et la fumagine avec. C'est la cochenille qu'il faut viser.

Reconnaître la cochenille sur un agrume

Sur citronnier, oranger, mandarinier ou kumquat, on rencontre surtout deux formes. La cochenille farineuse, en amas blancs cotonneux, et la cochenille à carapace, en petites pustules brunes bombées collées aux tiges. Toutes deux affectionnent les zones abritées : le dessous des feuilles, la base des rameaux, les nœuds et les bractées, là où on ne regarde pas spontanément — un point que rappelle le programme Jardiner Autrement.

Deux signes accompagnent presque toujours l'infestation : le feuillage collant et, souvent, un défilé de fourmis le long du tronc. Les fourmis récoltent le miellat et protègent les cochenilles ; leur présence est un bon indice, expliqué sur notre page fourmis et miellat. Pour distinguer précisément les deux formes, voyez notre fiche sur la cochenille farineuse.

La bouillie bordelaise ne sert à rien ici

C'est l'erreur la plus fréquente, et elle mérite d'être dite clairement. Devant les taches noires, beaucoup sortent la bouillie bordelaise. Or c'est un fongicide à base de cuivre : il agit sur des champignons, pas sur des insectes. Contre une cochenille, il est inutile. Au mieux, il atténue temporairement la fumagine — mais comme la cochenille reste, le miellat et le noir reviennent aussitôt. Économisez votre bouillie bordelaise pour ce à quoi elle sert, et traitez l'insecte.

Traiter la cochenille du citronnier

Sur un agrume à fruits, on privilégie les méthodes douces, efficaces et sans risque pour la récolte :

  1. Nettoyer à la main Passer un coton-tige imbibé d'alcool à 70° sur les amas visibles, en insistant sur les nœuds et le dessous des feuilles.
  2. Pulvériser du savon noir Une cuillère à soupe de savon noir liquide dans un litre d'eau tiède, vaporisée sur toutes les colonies. Le savon dissout la cire protectrice et étouffe l'insecte.
  3. Ajouter de l'huile si besoin Sur une attaque tenace, un peu d'huile végétale renforce l'effet étouffant, utile surtout contre les cochenilles à carapace.
  4. Répéter Recommencer tous les quelques jours : les œufs éclosent en décalé, et un seul passage laisse repartir la colonie.
Fruit comestible : la prudence Le savon noir, l'huile et l'alcool n'empêchent pas de consommer les citrons, à condition de bien les laver. Sur un arbre à fruits, mieux vaut éviter les insecticides chimiques ; si l'un est employé, respectez le délai avant récolte de son étiquette. Le vinaigre blanc et le liquide vaisselle, eux, risquent d'abîmer le feuillage — le savon noir reste préférable.

Le détail des méthodes, communes à toutes les cochenilles, est développé dans notre guide de traitement de la cochenille.

Empêcher le retour sur vos agrumes

Un agrume vigoureux résiste mieux. Trois habitudes limitent nettement les réinfestations : modérer l'engrais azoté, qui rend la sève plus attirante ; assurer une bonne aération autour de l'arbre, surtout pour les sujets rentrés en hiver dans une véranda chaude et sèche — un terrain idéal pour la cochenille ; et inspecter régulièrement le dessous des feuilles, à la rentrée comme à la sortie d'hivernage. Traiter les fourmis qui montent au tronc coupe aussi un allié précieux du ravageur.

Un citronnier ou des agrumes envahis en région lyonnaise

Si vos agrumes en pot ou en pleine terre sont fortement colonisés et que les traitements maison ne suffisent plus, à Lyon ou en Auvergne-Rhône-Alpes, une expertise sur place évalue l'ampleur et cible le bon geste. Décrivez votre situation pour un premier avis, ou revenez au guide de la cochenille pour l'ensemble du sujet.

Questions fréquentes

Le savon noir est-il efficace contre la cochenille du citronnier ?
Oui, c'est la solution la plus fiable sur un agrume. Diluez une cuillère à soupe de savon noir liquide dans un litre d'eau tiède et pulvérisez directement sur les colonies, sans oublier le dessous des feuilles, les nœuds et la base des rameaux où les cochenilles se cachent. Le savon dissout leur cire et les étouffe. On répète à quelques jours d'intervalle, car les œufs éclosent en décalé.
La bouillie bordelaise agit-elle contre la cochenille ?
Non. La bouillie bordelaise est un fongicide à base de cuivre : elle vise des champignons, pas des insectes. Beaucoup l'appliquent à cause des taches noires sur les feuilles, mais ce noir est la fumagine, un champignon secondaire qui se nourrit du miellat de la cochenille. Tant que la cochenille est là, le miellat et la fumagine reviennent. Il faut donc traiter l'insecte, pas seulement le noir.
Peut-on encore manger les citrons après un traitement ?
Oui, si l'on s'en tient aux traitements doux. Le savon noir, l'huile végétale et l'alcool utilisé au coton-tige n'empêchent pas de consommer les fruits, à condition de bien les laver. Sur un arbre à fruits, mieux vaut éviter les insecticides chimiques ; si l'un est employé, respectez impérativement le délai avant récolte indiqué sur son étiquette.